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Silvaine Arabo, Triptyque, Éditions Alcyone, collection Surya, 2016, 92 pages, 21 €. Fondatrice
de la belle revue Saraswati, Silvaine Arabo - également plasticienne -
entretient avec les arts et les artistes une relation poétique
privilégiée. Initialement publiés de 2001 à 2004 par Encres vives,
accompagnés ici de dessins colorés dus à Claudine Goux, les trois
volets de ce Triptyque ont ainsi été inspirés à la poète par les
peintures abstraites de Caillaud d'Angers. Mais « Diamant de l'ardoise/ou L'esquisse du peintre », « Lames et vitraux/ou Les matins clairs du peintre », « Lames et vitraux : l'or du soir/ou Nocturne présence du peintre
», proposent tout autre chose qu'une simple ekphrasis, bien plutôt des
éclairs sensoriels jaillis des couleurs, des matières : « L'ardoise luit,/feux rentrés//Blanc sur gris/nuit d'âme/abolie », qui alimentent « entre deux silences » la rêverie et la méditation. La poésie de Silvaine Arabo invite à cet accueil, ce lâcher-prise, ouvrant grand la porte aux « calmes mirages où scintille la terre miraculée ». Avec la poète, sensible au mystère de cette soudaine étrangeté d'une insolite présence (« Qui dans le soir poussait sa clameur ? », « Qui psalmodie ? »), le lecteur s'aventurera aussi dans « Le soir/dressé comme un drapeau [...] où glisser comme un navire/sur le velours tendu de la nuit » vers, peut-être, « une grande paix qui rayonne » avec « un oiseau au bord des yeux )... (par Martine Morillon-Carreau,Poésie/première 68) |