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Claude Mourthé, Opus incertain, Éditions Alcyone, 2018, 44 pages,
15 €. On ne présente plus Claude Mourthé : directeur-fondateur du Théâtre d'Essai de Toulouse,
réalisateur de radio et télévision, animateur en particulier à France-Culture,
jusqu’en 1999, de la remarquable émission « Un livre, des voix »,
traducteur – entre autres œuvres – des Sonnets
de Shakespeare et des Histoires comme ça
de Rudyard Kipling, il est aussi romancier auteur de treize romans, essayiste
et poète. Il a d’ailleurs, à ce dernier titre, reçu le Prix Apollinaire, en
1999, pour Dit plus bas, au Castor
Astral. Ce qu’il nous dit d’ailleurs de la poésie est
à méditer précieusement : « La
poésie n’est que voyages à travers le
temps, les rêves, les souvenirs. […] ce
qui ressort d’elle, c’est toujours une voix, l’expression d’une douleur ou d’un
émerveillement. […] En somme, une
promenade d’un bout à l’autre de notre monde terrestre, parfois si peu
poétique, mais qui nous offre […] toutes
les richesses d’une beauté à fraternellement partager », entre nous,
humblement, « petits animaux que
nous sommes nous hommes […] dans leur
abri d’hiver ». Sous l’égide épigraphe d’Emily
Dickinson : « Celui-là est
poète / Qui du sens ordinaire / Distille de l’étonnement », Claude
Mourthé nous invite ainsi – en cet « opus
incertain », clin d’œil à l’opus
incertum des maçons ou carreleurs en même temps qu’à la construction
fragmentaire du recueil poétique – à partager un « Parfum fumigène », les « buées de sueur » de
« pur-sang chargés d’adrénaline »,
le « doux arôme des plats de
volaille / encore empanachés de leurs plumes », jusqu’à cette « Apogée » d’une chaleureuse et
humaniste humilité : « restons
humbles parmi les humbles / faisons un peu de bien autour de nous /
n’oublions surtout pas d’aimer en célébrant la vie ».
(par Martine Morillon-Carreau,Poésie/première 71) |