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Gérard Mottet, Concerts de l’Un et du Multiple, éditions Unicité, 2018, 13 €. Le poète Gérard Mottet, dont ce livre constitue le sixième à relever du genre poésie, est aussi philosophe. Si Concerts de l’Un et du Multiple invite bien d’emblée à écouter des
chants orchestrés – d’instruments et voix, nombreux et divers – il renvoie
en même temps à une problématique philosophique connue. En cela, il sera donc
ici question, comme l’indique le sous-titre, de « Poèmes de
pensée », sortes de méditations poétiques « explorant l’inconnu » « du Grand Silence / Universel ». Sans oublier non plus, en
échos et reflets, une pensée du poème
– « cherchant à capter le silence /
de l’être / au plus secret de la parole » – exposée dans une
passionnante dernière partie théorique, intitulée « Paradoxes de la
poésie » : une diversité, également, des perspectives et formes du
discours, que l’auteur convie à l’unité du livre. La poésie est ici une quête à mener, une ascèse à
pratiquer, qui ouvrent quelquefois, et « pour notre enchantement » sur le labyrinthe et le « palimpseste de la mémoire » (car
Gérard Mottet souscrit à la définition héraclitéenne du temps : « un enfant qui joue »), sur la
jubilation de « matins joyeux »
et « vibrations secrètes »,
celle en particulier de la danse
(comment ne pas penser à Zarathoustra ?), une « danse
d’amour sorcier sous la cendre des jours » ; où chantent à la
fois, en ce bel alexandrin blanc – redoutables et fascinantes comme Éros et
Thanatos – la dérisoire précarité de notre monde et l’exaltation magique
de notre irrépressible volonté de vivre et d’aimer. (par Martine Morillon-Carreau, Poésie/première 72) |