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Olga Votsi, L'Escalier (Poèmes métaphysiques), Présentation et traduction du grec moderne par Bernard Grasset, Le Taillis Pré, 2018 -14€.
http://espace-livres-creation.be/livre/lescalier/

La poète Olga Votsi (1922-1998) fut aussi essayiste et traductrice. Nourris, comme l'annonce la quatrième de couverture, du souvenir des « grandes figuresde l'hellénisme », des « symboles bibliques » ou des « métaphores de la modernité », les poèmes aujourd'hui présentés en version bilingue par les éditions Le Taillis Pré et traduits en français par Bernard Grasset, témoignent à la fois de la profonde insertion humaniste de l'auteure dans « le Vaste Monde » et de sa vibrante quête du « Grand Infini ».
Si l'on voit, par exemple, passer dans ses poèmes Hadès, la caverne platonicienne, les Ménades, « le rire terrifiant des Érinyes », « l'affreux visage de laMéduse », comme « le serpent du savoir », Job, la baleine de Jonas ou Lazare, loin d'une poésie intellectualiste et désincarnée, Olga Votsi, qui sait évoquer « l'extase bachique », chante volontiers les vertus de la sensation : « Oui seule la sensation permet de goûter la joie cachée du Paradis ».
Ici l'escalier, qui titre premier poème et ensemble du livre, est la métaphore de l'élévation vers les mots « grands et sacrés  », la pensée, la poésie, à partir des « marches gigantesques/pleines de sang et de larmes ». Il est aussi, « long et étroit », celui descendu « marche après marche » vers le fonds du puits où finalement affronter sa propre identité solitaire.
Dans une fort intéressante postface, Bernard Grasset offre enfin, outre les quatre pages sur l'historique et les modalités de sa traduction, plus de vingt pages d'une éclairante étude sur cette « aventurière de l'esprit » que fut Olga Votsi, sur sa vie, son œuvre.

                                                                                                                                     (par Martine Morillon-Carreau, Poésie/première 73)


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