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André Sagne, Ton visage dans le ciel, Encres Vives, 2016, collection Encres Blanches n° 673-6,10€. (par Martine Morillon-Carreau,Poésie/première 67) Chacun des quinze poèmes de Ton visage dans le ciel reprend ce titre en anaphore. Parce que, si « /e ciel » peut être simplement l'espace géométrique cadré par « la fenêtre », le domaine physique des « vents et nuages » ou des « étoiles en semis », il est en même temps image privilégiée de l'idéal et de l'infini où, comme le disait si bien Levinas cité en exergue, le visage de l'autre - avec tout son irréductible mystère - « est présent dans son refus d'être contenu » ! Or, du ciel métaphore de l'infini au « ciel/indéfini/de la chambre », il n'y a qu'un dé à jeter, une analogie à risquer. Le plafond, soudain transfiguré en ciel, devient lieu sans lieu comme lieu de tous les lieux, il cesse alors de limiter le regard du poète, lui ouvrant au contraire le monde des souvenirs où revivre, à la lumière du visage de l'être aimé, les instants brûlants, exaltés, douloureux, tragiques « dans te ciel étoile » de l'imaginaire. D'ailleurs, pour André Sagne, cet infini/indéfini touche au sacré des rapports amoureux, avec « cette ardeur/qu'on ne voit/qu'au fond des tabernacles » mais, comme en écho à une perspective de théologie négative, il ne convoque jamais finalement le poète qu' « aux frontières bleuies/du néant ». De sorte que, « dans te ciel dévasté », le «visage [...] d'ange fou /prend/les traits de cendre// du poème»... (par Martine Morillon-Carreau, Poésie/première 67) |