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Jacqueline Saint-Jean, Solstice du silence, Éditions Alcyone, collection Surya, 2017, 55 pages, 16€.

(par Martine Morillon-Carreau,Poésie/première 68)

   Prix Max Pol Fouchet en 1999 pour Chemins de bord et Prix Xavier Grall en 2007 pour l'ensemble de son œuvre, Jacqueline Saint-Jean a publié une trentaine d'ouvrages, de poésie bien sûr (dont plusieurs livres d'artiste) mais aussi un roman. Le présent recueil, Solstice du silence, interpelle d'abord par l'étrangeté de son titre. On connaît en astronomie - soleil arrêté dans son ascension vers le zénith - le solstice d'été, jour le plus long de l'année et celui d'hiver, jour le plus court, celui où le soleil cesse de décliner vers l'horizon. Serions-nous donc confrontés à une nouvelle et cinquième saison - le silence (comme on dit le printemps, l'été, ...)-? D'ailleurs Jacqueline Saint-Jean ne situe-t-elle pas son premier poème en « Décembre assourdi/Solstice du silence » ? Mais, si tel était le cas, la poète n'aurait-elle pas plutôt formulé sa métaphore en « Solstice de silence » ? « Ni boussole ni balises », il nous faut chercher ailleurs : le silence, « juste un clair silence », ce « silence natal », « silence d'arc tendu sans cible », ne serait-il pas ici justement une sorte d'équivalent du soleil dont «tremblent les taches », au jour de l'ultime fin de son déclin ? Le temps d'« un battement d'aile », lorsque « les couleurs crient », « Noir lumière ou Blanc matrice » jusqu'à cette « musique silencieuse », « te ruisseau secret du soliloque/sa résurgence insoumise »... Car, « même au sein d'un précipice », le silence, en son paroxysme, porte sa graine de parole, de poésie, d'espoir avec « Un zeste de soleil/au bout des doigts », comme le solstice d'hiver celle d'un nouveau printemps.

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