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Luminitza C. Tigirlas, RILKE-POÈME Élancé dans l'asphère, L'Harmattan, 2017, 21,50 €


   D'origine roumaine, docteur en psychopathologie, psychanalyste, Luminitza C. Tigirlas, qui se dit « survivante de l'assimilation linguistique dans l'URSS » est aussi poète, dramaturge, essayiste. Les lecteurs de Poésie/première ont d'ailleurs pu découvrir un de ses poèmes dans le numéro 67. Nourrie de la poésie, de l'esprit de Rilke - ainsi sa mère lui cite-t-elle l'auteur des Élégies de Duino ou des Lettres à un jeune poète : « Dieu-est-poète ». Rilke-poème est un livre foisonnant, un inclassable essai poétique où interviennent en même temps que des souvenirs personnels de l'auteure-lectrice, son commentaire de nombreux textes de Rilke (poèmes « À l'Attendue », « À Hôlderlin », plusieurs élégies, des Sonnets à Orphée...) mais aussi de Heidegger réfléchissant, par exemple, sur l'Ange rilkéen comparé au Zarathoustra de Nietzsche. Autant de méditations poétiques, philosophiques mais aussi psychanalytiques, qui prennent source à la fois dans la biographie de Rilke, que Luminitza Tigirlas sait si bien faire revivre et dans les mots, la pensée, le journal du poète, en une sorte, parfois, d'osmose poétique entre l'auteure et son objet d'amour et d'étude : « Rilke m'appela impérieusement et me fit songer avec lui... », ce qui n'exclut cependant pas l'analyse objective, scientifique, tant de l'oeuvre rilkéenne que des réactions qu'elle a pu susciter. Explorant l'accusation de «phonocentrisme absolu»et « pur jeu lingustique»portée par certains critiques à rencontre de Rilke, Luminitza Tigirlas retient certes la « figure Vacuole-Grelot où le Vide tourbillonne » mais si « l'homme rilkéen apparaît comme une créature vacillante », à la lecture de Rilke, cet « ermite de l'angoisse» qui « s'élance hors temps», « un frémissement d'ailes nous traverse, le poème vibre à toucher nos âmes».

                                                                                                                                   (par Martine Morillon-Carreau, Poésie/première 69)


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